Les caractéristiques contextuelles
L'"Ile" de Camargue est une vaste plaine, enserrée par les deux bras du Rhône et la mer Méditerranée. Entre la Petite Camargue à l'ouest et La Crau à l'est, aucun point du delta n'atteint plus de 4,50 m d'altitude.
La confrontation du Rhône et de la mer, conjuguée à l'action de l'homme ont constitué au cours des âges une mosaïque de milieux et de paysages d'une richesse exceptionnelle.
Au nord, l'homme a imprimé sa marque en développant les activités agricoles. La construction de la digue à la mer en 1859 a permis de contenir les remontées d'eau salée. L'endiguement du Rhône 10 années plus tard, a limité les crues qui inondaient régulièrement les terres arables. Peu à peu, champs de céréales, d'asperges, vignobles puis riziculture intensive se substituèrent aux paysages primitifs camarguais. L’exploitation du sel avec la stabilisation du niveau d’eau des marais salants a permis aux flamands roses venus d’Afrique à l’occasion des migrations estivales de nidifier en Camargue et donc de s’y installer définitivement.
Pour découvrir une authentique Camargue gardianne, il faut aller plus au sud. La sansouire, les étangs et les marais dominent le paysage, bien qu'ils régressent petit à petit face à l'expansion des espaces agricoles, saliniers, urbains et touristiques. La protection de cet espace naturel conditionne pourtant la diversité et l'équilibre écologique de la faune et de la flore camarguaises ainsi que l'existence des pâturages naturels indispensables au maintien de l'élevage traditionnel du taureau et du cheval de Camargue.
C’est une terre de contrastes, sècheresse et humidité y rivalisent, elle est à la fois sauvage et civilisée, accessible et préservée.
Elle est battue par les vents l’hiver (Mistral, Tramontane et vents de mer), par des pluies automnales souvent violentes, accablée de chaleur et envahie de moustiques l’été, si proche de la mer que ses terres sont gorgées de sel.
Ce petit territoire, aujourd’hui parfaitement délimité géographiquement par le delta du Rhône, pendant longtemps inhospitalier à l’homme mais malgré cela toujours habité grâce à son intérêt géographique, est devenu l’emblème d’une ville et de sa culture.
La richesse de sa faune et de sa flore protégée par le Parc Naturel Régional est extraordinaire, ses ciels sont stupéfiants, ses étendues d’eau, de sel, de sansouires et de champs sont magiques, l’odeur de l’eau est toujours présente même quand la vue offre l’aspect de la sècheresse.
La manifestation a pour enjeu d’identifier ce lieu auprès des habitants de la vaste commune d’Arles grâce à un événement artistique et culturel annuel où peuvent se confronter regards et pratiques artistiques en harmonie avec l’environnement.
C’est dans ce contexte spécifique que nous souhaitons créer les conditions d’émergence favorables à des créations portant un regard singulier et sensible sur le lieu. Espace vaste, il se caractérise par sa planéité et son ouverture sur l'horizon.
L'enjeu artistique est de prendre en compte les particularités du site et de réaliser une œuvre en interaction avec le lieu et le paysage. C’est autour des pratiques contemporaines apparentées au Land Art et à la création in situ que nous sollicitons les projets des artistes.
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